BURKINA: ACF PRECONISE L’AGRO-ECOLOGIE ET L’AGRICULTURE FAMILIALE POUR LUTTER CONTRE LA FAIM

Le président de l’Action contre la faim (ACF), une fondation qui intervient dans une quarantaine de pays, Thomas Ribémont plaide pour “l’arrêt des pôles de croissance” au profit de “l’agro écologie et l’agriculture familiale qui constituent la voie pour sortir la population burkinabè de la faim”, dans un entretien accordé à Agri-Culture Magazine.

AGRI-CULTURE Mag :

Dans un pays comme le Burkina comment peut-on arriver à lutter contre la faim ?

Le Burkina a un potentiel absolument incroyable en termes d’agro écologie et d’agriculture familiale qui constituent la voie pour sortir la population burkinabè de la faim. Ce qui veut dire qu’il faut arrêter avec les pôles de croissance. Les pôles de croissance ce n’est pas la bonne solution. Les pôles de croissance peuvent engendrer des formes d’expropriation et le risque bien évidemment, c’est que ça fragilise cette petite agriculture familiale et l’agro écologie. C’est très visible dans l’Est du Burkina.

Deuxième message, il est impératif de faire des efforts en matière d’éducation et il semble qu’il pourrait y avoir une solution : les programmes scolaires doivent  intégrer un enseignement à la nutrition, aux bonnes pratiques en matière de nutrition et agro écologie.

Nous travaillons en partenariat avec les autorités burkinabè. Et notre message à leur endroit est qu’il faut impérativement poursuivre les efforts sur la nutrition. Le gouvernement burkinabè s’est engagé à consacrer 3% de son revenu national brute à la nutrition, donc je les invite à faire respectés ces objectifs.

AGRI-CULTURE Mag :

Pourquoi pensez-vous que le Burkina doit arrêter avec les pôles de croissance ?

Premièrement les pôles de croissance visent une agriculture concentrée à un endroit où on sera en mesure de produire massivement. Le problème est que si vous produisez massivement, vous allez écouler les produits dans les autres régions, ces produits viendront s’ajouter aux autres déjà présents sur le marché. Les petits agriculteurs auront des difficultés à vendre et donc se précarisent et s’appauvrissent.

Le deuxième élément ; dans une agriculture productiviste, on fait rarement de la diversification des produits et le risque c’est la forme de monoculture au détriment de la diversité de production qu’on retrouve beaucoup plus dans le cadre de l’agriculture familiale et de l’agro écologie. Et enfin pour produire massivement, il faut du foncier, de la terre. La question, c’est où trouver les terres et à qui les appartiennent-elles? Donc il y a des effets pervers à ce type de dispositif en matière d’agriculture. Et puis, quand on fait de l’agriculture intensive on respecte rarement l’environnement, on utilise très souvent des pesticides à grande échelle et le risque c’est inonder le marché Burkinabè de produits de moindre qualité, très mauvais pour la santé.

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