L’ÉLEVAGE AU TOGO `FACE A LA PROFESSIONNALISATION

Plus de 70 milles tonnes par ans, c’est le besoin estimé en viande du Togo. Malheureusement, la production animale ne couvre que 30 – 40 milles tonnes. Une situation qui oblige le Togo à importer viande du Niger, du Burkina, du bénin… ces importations de viandes et des abats revient à l’Etat togolais plus de 4,94 milliards de FCFA. Face aux déficits de la production animale nationale et à la cherté de l’importation il semble donc nécessaire de renforcer tous les aspects de la production jusqu’à la commercialisation.

 

En début de cette année, l’Organisation pour L’alimentation et le développement  local et ses partenaires une étude sur la filière bétail et viande dans les régions martine et plateaux dans le cadre des actions de la promotion des produits alimentaires made in Togo, qui a vu la participation de tous les acteurs impliqués : l’ICAT, les responsables de l’office national des abattoirs frigorifiques (ONAF) , les fédérations nationale des bouviers et de l’ONG élevages et solidarité des familles du Togo. Après analyse des différentes contraintes, au niveau des maillons de la production, de la transformation et de la commercialisation des solutions sont proposées, des actions à mener ensemble pour le développement et la structuration de la filière bétail à viande au Togo.

Pour ce qui est des contraintes au niveau de la production animale, il y a une prédominance des pratiques traditionnelles de production ; dans la région des plateaux 49% des élevages sont destinés à la subsistance et 48% sont d’épargne, l’élevage de rente n’occupe que 4% des exploitations, dans la région maritime l’élevage d’épargne occupe une grande proportion (étude réalisée par Ada consulting). Une insuffisance des soins vétérinaires, des vols d’animaux, la méconnaissance des techniques améliorées d’élevage, l’insuffisance des encadrements et appui conseils. Une divagation des animaux due à l’insuffisance des pâturages, des conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs et une insuffisance financière.

Au niveau de la commercialisation on note une inexistence d’une réglementation définissant l’organisation de la commercialisation des petits ruminants, l’insuffisance de bétails destinés à alimenter régulièrement les marchés et une absence des infrastructures et équipements adéquats dans les marches de bétails.

Pour la transformation, il faut mentionner l’absence de mesures d’hygiène et d’entretien dans des centres abattoirs, le manque de suivi contrôle des normes sanitaires définies et l’insuffisance des compétences techniques.

Les contraintes liées  au développement de l’élevage au Togo sont énormes ce qui ralenti le vrai professionnalisme de la filière. Il serait meilleur que les acteurs s’organisent en coopératives, et aux services d’appui (ICAT et les ONGs locales) de renforcer les capacités d’accompagnement sur la filière élevage et de mettre à disposition des éleveurs plus de races améliorées. Dans ce cadre le ministre en charge de l’élevage M. Ouro-Koura AGADAZI ne cesse de mener des opérations de distributions des géniteurs des espèces améliorés sur l’ensemble du territoire national. Mais la distribution de géniteurs suffira t- elle a parvenir a bout de cet déficit et à placer le Togo parmi les pays exportateurs de viande dans la sous-région d’ici quelques années comme l’ambitionne le gouvernement?  Aussi faut-il renforcer la capacité des acteurs sur les enzooties, les moyens de lutte et appuyer les initiatives de promotion et de sensibilisation des consommateurs sur la produits de bétails. Il est aussi important de construire des abattoirs artisanaux couplés des séchoirs  pour faciliter la transformation ; et pourquoi ne pas récupérer les déchets, les sous-produits d’abattoirs pour leur revalorisation après transformation pour l’agriculture ou l’alimentation animale.

Au Togo, l’élevage est la seconde source de revenu des populations agricole et représente 16,4%  du PIB agricole et 6,3% au PIB national, l’ensemble de la filière a besoin d’être accompagné pour faire avancer sa structuration.

Solim DAWI | TOGO

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