L’ANACARDIER, UNE FILIERE PROMETTEUSE

La noix de cajou ou anacarde est le fruit de l’anacardier (Anacardium occidentale), arbre originaire du Nordeste brésilien. La Côte d’Ivoire demeure le premier producteur avec 750 000 tonnes en 2016, soit 47% de la production d’Afrique de l’Ouest. Elle est suivie par la Guinée Bissau (225 000 tonnes, 14% de la production), puis le Nigeria (160 000 tonnes, 10% de la production) et du Bénin (125 0000 tonnes, 8% de la production). Quelle est la situation de la culture de la noix de cajou au Togo et son processus de transformation.

Origine et sa composition

La noix de cajou ou anacarde est le fruit de l’anacardier (Anacardium occidentale), arbre originaire du Nordeste brésilien. Son amande est comestible une fois cuite et constitue le principal produit utilisé de cette plante. Crue, l’amande est toxique à cause de l’urushiol qu’elle contient. C’est un akène se développant en premier à l’extrémité d’un pédoncule juteux et comestible lui aussi qui est un faux-fruit appelé pomme de cajou.

La coque de la noix est composée de deux coquilles, l’une à l’extérieur de couleur verte et fine, l’autre interne de couleur brune et dure, séparées par une structure à cavités qui contient une résine phénolique caustique constituée de 90 % d’acide anacardique et 10 % de cardol appelée baume de cajou. Au centre de la noix se trouve une seule amande en forme de demi-lune d’environ trois centimètres de longueur, entourée d’une pellicule blanche. C’est la « noix de cajou ».

Elle peut être consommée telle quelle ou servir en cuisine (comme l’arachide). Toutefois en Europe, elle est principalement commercialisée grillée et salée, en tant qu’apéritif au même titre que les cacahuètes. En 2015, les principaux consommateurs sont les Etats-Unis (150.000), l’Union européenne (110.000 tonnes), l’Inde (200.000 tonnes), la Chine (50.000 tonnes), les Emirats Arabes Unis (15.000 tonnes) et l’Australie (15.000 tonnes).

L’anacardier en Afrique de l’ouest

La production de noix de cajou en Afrique de l’Ouest serait de 1,6 Millions de tonnes, selon n’kalo. La production de noix de cajou en Afrique de l’Ouest est estimée à 1 612 000 tonnes (t) en 2017, souligne Rongead dans sa publication n’kalo. Des estimations basées sur des données disponibles à septembre 2017.

Source : Rongead-n’kalo, 2  Nov     2017 

Sur ce total de 1,6 Mt, 870 000 t auraient déjà été livrées au Vietnam, 350 000 t en Inde et 22 000 t au Brésil. La transformation locale dans les différents pays d’Afrique de l’Ouest a porté sur 70 000 t, tandis que 300 000 t seraient toujours en stock ou en mer.

L’anacardier au Togo

Pour mieux redynamiser le secteur d’anacarde au Togo le gouvernement togolais multiplie des actions pour être au chevet des acteurs de la filière, la dernière en date est le 11 septembre 2017 où les acteurs de la chaîne de valeur de la filière de l’Anacarde sont outillés sur la négociation et la contractualisation (INC). Cette session de formation est organisée par le programme Centres d’Innovations Vertes pour le secteur agroalimentaire avec l’appui financier de la Coopération allemande DEUTSCHE ZUSAMMENARBEIT et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbit (GIZ).

Elle a pour objectif d’initier les acteurs des maillons des Chaînes de Valeur Anacarde (CVA)  à la négociation et la contractualisation. Il a été question de faire découvrir l’approche chaîne de valeur et value Links aux agriculteurs pour une meilleure compréhension du système multi-niveau d’une interprofession et en liens d’affaires entre les différents maillons des Chaînes de Valeur Anacarde (CVA). Selon M. Kpèziwèzou ALASSANI président des pépiniéristes de l’anacarde au Togo « le Togo se procure des graines ou des greffons au Ghana car les ghanéens ont fait une recherche poussée dans le domaine de l’anacardier ».

Le secteur de l’anacardier est rentable et pourvoyeur d’emplois, elle a repris la poile de la bête depuis quelques années au Togo avec la volonté des autorités en charge de l’agriculture togolaise à redonner vie à toutes les filières agricoles. Le Togo s’est ainsi engagé dans la promotion et le développement de nouvelles filières afin d’élargir l’éventail de productions alternatives susceptibles d’améliorer le revenu des paysans et la balance commerciale. C’est dans cette optique qu’une politique de relance de la production de l’anacarde a été mise en place avec le soutien de la coopération allemande à travers la Giz.

Pour apporter sa pierre de construction, une usine de traitement et de transformation de la noix de cajou s’est implantée dans la localité de Tchamba baptisée « Cajou Espoir », les agents sont présents dans les différents villages, de un à trois, selon l’importance du village et des plantations. Ils sont en contact direct avec les agriculteurs qui cultivent la noix de cajou. Ils fournissent aide, conseil, travail, pour bien gérer, rentabiliser et optimiser la plantation, tout en assurant aussi un pré-financement. Ce sont eux qui, en février, au début de la campagne, collectent les noix et les envoient à l’usine. L’agriculteur reçoit l’équivalent d’un euro par kg.

Les bienfaits de la noix de cajou

Les noix de cajou contiennent des vitamines A, C et des vitamines du groupe B ; elles sont riches en protéines, lipides et glucides, elles constituent aussi une excellente source de vitamine K, qui aide à régulariser la coagulation du sang et à maintenir la santé des os. Enfin, elles représentent un bon apport de minéraux, tels que le calcium, le phosphore, le cuivre, le fer et le zinc, et de fibres qui facilitent la motilité intestinale. Elles font 580 calories par 100 grammes.

Le traitement des noix de cajou à l’usine de Tchamba (Togo)

Au cours d’une visite Silvano Galli membre de la SMA Société des Missions Africaine sa suivi et le traitement de la noix de cajou,  se fait en différentes étapes : la première est le « calibrage » de la noix. Il s’agit d’un travail automatique effectué par des machines qui trient les noix selon leur taille. L’ouvrier se contente de surveiller le processus.
Puis vient la « cuisson » à la vapeur qui dure habituellement 35 minutes, mais peut atteindre 40 selon l’état de la noix. Les noix sont ensuite étalées sur le sol et on les laisse refroidir pendant 24 ou 48heures.
La troisième phase : le décorticage. Le travail peut être effectué manuellement ou automatiquement. On ouvre la noix pour extraire l’amande de la coquille. L’amande est ensuite séchée dans les fours pendant 15 heures. Trois moments : 8 heures de cuisson à 80° ; refroidissement et ré-humidification pendant 4 heures ; puis dernière phase de cuisson : 3 heures à 75°.
Ensuite vient le dépelliculage. On enlève la pellicule de l’amande dans laquelle elle est enroulée. Le travail peut être manuel ou automatique. Le traitement manuel est préférable parce qu’il y a moins de pertes et le résultat est plus propre et plus soigné.

Les amandes sont ensuite vérifiées une à une. On contrôle la qualité et on les répartit par catégories. Première qualité : amandes entières, blanches, parfaites ; deuxième qualité : amandes entières avec quelques imperfections ; troisième qualité : amandes à bout cassé ; quatrième qualité : amandes fendues ; cinquième qualité : amandes brisées.
A la fin du parcours, le produit est envoyé au centre d’expédition pour un dernier contrôle et la définition des degrés de qualité. Dans un sac de 454 grammes, on trouve 320 amandes entièrement blanches de première qualité. Le produit est alors placé dans des cartons, et expédié par container, principalement aux États-Unis et en Hollande, point de référence pour l’Europe.

Une industrie essentielle pour la région

Au début, il y avait à peine une douzaine d’employés. Aujourd’hui le personnel des deux unités est de 600 personnes. Cela signifie 600 personnes qui reçoivent un salaire, qui ne sont plus obligées d’aventurer, qui peuvent prendre soin de leur famille, la nourrir, envoyer leurs enfants à l’école, les soigner. Aujourd’hui l’usine s’est déplacée à quelques kilomètres dans la campagne avec un nouveau complexe. En dehors de cette industrie, on n’en trouve aucune autre, ni à Sokodé chef-lieu, ni dans les environs.

L’année dernière, les ouvriers ont traité 2.500 tonnes de produits. Cette année, ils voulaient atteindre 3.000 tonnes mais, faute de matière première, ils ne vont pas pouvoir y arriver. La demande est forte et ne peuvent pas satisfaire tout le monde, d’où l’ouverture d’une nouvelle antenne dans le sud, à Blitta, à une centaine de kilomètres du site actuel.

Folly KUEVIAKOE | TOGO

 

 

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